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Capacité de support des activités agricoles par les rivières : le cas du phosphore total

Gangbazo, G. et Roy, J. et Le Page, A. (2005). Capacité de support des activités agricoles par les rivières : le cas du phosphore total. [Publication gouvernementale]

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Texte
DDEP_2005_capacite_phosphore_activités_agricoles.pdf

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Résumé

La concentration médiane de phosphore total (PT) dans certaines rivières est de deux à six fois plus élevée que le critère pour la prévention de l’eutrophisation, fixé par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs à 0,030 mg PT/L. L’eutrophisation des eaux de surface se manifeste par une production accrue d’algues et de plantes aquatiques. Au début des années 1960, la fertilité de certains sols agricoles devait être améliorée afin d’augmenter leur productivité. Ces sols ont donc été enrichis par des apports en phosphore supérieurs aux prélèvements par les récoltes, si bien que, dans certaines régions, la teneur en phosphore d’une proportion non négligeable des sols agricoles a atteint un niveau élevé, voire critique. Cela provoque des pertes significatives de phosphore par le ruissellement et, par conséquent, l’augmentation de la concentration de phosphore dans les rivières et dans les lacs, ce qui accroît les risques d’eutrophisation. Depuis quelques années, la prolifération d’algues toxiques (les cyanobactéries, par exemple) dans la baie Missisquoi et dans d’autres plans d’eau du Québec a augmenté la préoccupation du public à l’égard des risques liés à l’eutrophisation. Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs a pris des mesures pour tenter de prévenir l’eutrophisation des eaux de surface, mais tous les résultats escomptés n’ont pas encore été atteints. C’est pourquoi, dans le but d’améliorer l’efficacité des politiques et des programmes relatifs à la protection et à la récupération des usages de l’eau, plusieurs sont d’avis que, pour les bassins versants à vocation agricole, la capacité des rivières à supporter les activités agricoles devrait être évaluée. Ainsi, un concept de capacité de support a été développé, et une méthodologie permettant d’arrimer ce concept à l’approche de gestion intégrée de l’eau par bassin versant a été proposée. La capacité de support peut être définie comme une intensité d’activités agricoles qui permet de respecter le critère de concentration de phosphore pour la prévention de l’eutrophisation ou, plus généralement, comme la somme des activités humaines dont l’incidence globale respecte ce critère. Le développement méthodologique montre que la capacité de support des activités agricoles par les rivières peut être exprimée par la somme des cultures à grand interligne (GI) et à interligne étroit (IE) qui permet de respecter ce critère. Par contre, la capacité de support des activités humaines par les rivières peut être exprimée par la charge maximale de phosphore de sources anthropiques et naturelles qui peut être rejetée dans une rivière tout en respectant le critère. Les résultats montrent que la capacité de support exprimée par la somme des GI et des IE est de l’ordre de 5 % (par rapport à la superficie du bassin versant), alors que la capacité de support exprimée par les charges maximales de phosphore de sources anthropiques et naturelles varie selon les bassins versants. Dans certains bassins versants, la capacité de support est déjà dépassée. Par conséquent, des efforts importants devront être déployés pour assainir les eaux, c’est-à-dire abaisser la concentration de phosphore total au niveau du critère. Par exemple, dans le bassin versant de la rivière Yamaska, la somme des GI et des IE est de 34,2 %, soit sept fois plus élevée que la capacité de support. La concentration médiane de phosphore total à l’embouchure de la rivière est de 0,106 mg/L pour la période de 2001 à 2003. Dans d’autres bassins versants, par contre, celui de la rivière Batiscan par exemple, la capacité de support n’est pas atteinte, si bien qu’il est possible d’augmenter la production agricole tout en respectant le critère. Actuellement, la somme des GI et des IE est de 2,15 %, soit deux fois plus faible que la capacité de support. La concentration médiane de phosphore total à l’embouchure de la rivière est de 0,013 mg/L pour la période de 2001 à 2003. Dans les bassins versants où la concentration de phosphore total à l’embouchure de la rivière est sous le critère, une mesure préventive basée sur le concept de capacité de support exprimée par les proportions des GI et des IE et appliquée rigoureusement pourrait permettre de protéger la rivière contre l’eutrophisation. Par contre, dans les bassins versants où la concentration de phosphore total à l’embouchure de la rivière dépasse le critère, une approche de gestion intégrée de l’eau par bassin versant permettrait d’assainir les eaux jusqu’au niveau souhaité. La considération du concept de capacité de support exprimée par la charge maximale de phosphore de sources anthropiques et naturelles serait alors approprié. Grâce à un modèle mathématique déterministe, il serait possible d’élaborer les scénarios et le plan d’action qui permettront de respecter la capacité de support.

Type de document: Publication gouvernementale
Nombre de pages: 36
Éditeur: Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs
Lieu de publication: Québec
Statut du texte intégral: Public
Mots-clés libres: Bassin versant, Phosphore total, Activités agricoles, Capacité de support, Rivières, Algues, Cyanobactéries, Eutrophisation, Modèle mathématique
Sujets: 2. Milieu physique > 2.4. Hydrologie
3. Végétation, milieux humides
6. Milieu humain > 6.2. Agriculture
8. Impacts et monitoring > 8.1. Qualité de l’eau
8. Impacts et monitoring > 8.7. Modélisations et indicateurs
Date de dépôt: 17 avr. 2017 14:56
Dernière modification: 17 avr. 2017 14:56
URI: http://belsp.uqtr.ca/id/eprint/1145

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