Bibliothèque Électronique Lac Saint-Pierre

Portrait et diagnostic de la Zone des bassins orphelins du sud du lac Saint-Pierre

Couture, M. (2010). Portrait et diagnostic de la Zone des bassins orphelins du sud du lac Saint-Pierre. [Documents régionaux]

[img]
Prévisualisation
Texte
Couture_COPERNIC_2010_Portrait_zone_sud_lac_St-Pierre_A.pdf

Télécharger (27MB) | Prévisualisation

Résumé

Le territoire du bassin versant de Baie-du-Febvre est drainé par de nombreux cours d’eau qui se jettent directement dans le lac Saint-Pierre, région du fleuve Saint-Laurent. Le bassin d’une superficie de 249 km² est en fait une multitude de minuscules bassins versants qui comportent chacun un cours d’eau se déversant dans le lac. Aucune rivière ne relie ces cours d’eau. À des fins de simplification, le bassin versant de Baie-du-Febvre est employé au singulier. Territoire occupé dès 1669, le territoire du bassin versant de Baie-du-Febvre a fortement été modifié. La vocation agricole du territoire est dès les débuts de la colonisation très importante. Un vestige seigneurial est encore visible par la présence de la Commune de Baie-du-Febvre, autrefois, pâturage communal. Maintenant occupé par environ 7 000 personnes, six municipalités et une réserve gèrent le territoire avec la MRC de Nicolet-Yamaska : Baie-du-Febvre, La Visitation-de-Yamaska, Nicolet, Pierreville, Saint-Elphège et Saint-Zéphirin-de-Courval ainsi que la réserve Odanak. La majorité des municipalités sont alimentées par l’usine de filtration de Nicolet qui puise l’eau de la rivière Nicolet. Le secteur primaire est le secteur économique le plus important de la région. Cela s’explique par la prédominance de l’agriculture. Les superficies cultivées sont à 80 % annuelles et 70 % de la production animale est porcine. Le bassin versant est caractéristique de la région physiographique des Basses terres du Saint-Laurent. Une topographie plane, un mauvais drainage et des sols sablo-argileux y sont observables. La nature des sols les rend vulnérables à l’érosion, une érosion régressive, dite également fluviale, visible dans les coulées creusées par les cours d’eau. Ce potentiel d’érosion s’avère majeure en présence d’un type d’argile particulier et des zones de glissement de terrain sont spécialement identifiées en bordure des cours d’eau suivant (Figure 4): Rivière Colbert; Rivière Landroche; Rivière des Frères; Rivière Brielle ainsi que son tributaire Côte-Lefebvre; Rivière Lemire; Ruisseau David-Houle. Malgré leur fragilité face à l’érosion, les sols, de par leur nature, ne possèdent pas de sensibilité à l’acidification due aux pluies acides qui affectent le sud ouest du Québec. Le mauvais drainage des terres a été pallié au fil du temps par de nombreux travaux de drainage agricoles. Les cours d’eau n’ont pas échappé à ces travaux. Des travaux de désobstruction et de redressement du lit sont répertoriés dès 1945 et jusque dans les années 1980 sous le terme de travaux de drainage, généralement effectué par le ministère de l’Agriculture. Le résultat de ces travaux est encore visible par le profil linéaire de la majorité des cours d’eau du bassin entre le lac Saint-Pierre et la route Marie-Victorin (route 132) (Figure 3). Ces redressements causent aujourd’hui une demande importante en entretien pour contrer la sédimentation dans le lit, mais également l’érosion des berges, puisque les cours d’eau cherchent à reprendre un lit naturel, soit par la formation de méandres, en raison de la topographie plane du secteur. L’écosystème du lac Saint-Pierre est étroitement lié au bassin versant de Baie-du-Febvre. Vaste plaine d’inondation du lac, les secteurs périphériques deviennent des terres agricoles inondées au printemps. Ces terres se transforment en sites de fraie et d’alevinage pour les poissons et en sites d’alimentation intéressants pour les espèces migratrices et résidantes. Cette abondance en espèces tant animales que végétales est visible par la quantité importante de milieux humides et par l’abondance considérable de la faune aviaire qui les fréquente. En effet, les milieux humides représentent 17 % du territoire de Baie-du-Febvre. Situés en grande majorité en bordure du lac Saint-Pierre, on observe la séquence de végétation suivante en bordure du lac Saint-Pierre, du milieu terrestre au milieu aquatique : la forêt, le marécage arborescent ou arbustif, la prairie humide, le marais et l’herbier aquatique (Figure 12). Des évaluations des superficies des milieux humides du lac Saint-Pierre rapportent un gain en milieu humide entre 1976 et 2002. Ces gains seraient dus à une colonisation des eaux libres du lac par la végétation des herbiers aquatiques suite à une sédimentation importante de la portion sud du lac. Une observation plus détaillée entre 1990 et 2002 évalue, quant à elle, une perte de superficies des milieux humides du lac Saint-Pierre. Cette différence est due à l’évolution très dynamique des milieux humides. Outre la périphérie du lac, une observation attentive permet de constater la quasi-absence des milieux humides du reste du bassin versant de Baie-du-Febvre. Le drainage de ce secteur, à 70 % agricole, est la cause de la pauvreté du territoire en milieu humide. Les massifs forestiers de la région ont subi le même sort pour des raisons différentes. Les terres extrêmement fertiles de la région ont été convoitées pour l’agriculture et fortement déboisées. Certains boisés subsistent en amont de quelques cours d’eau. Un effort de reboisement des berges avec des conifères est visible en terres agricole et sur certaines terres protégées. Malheureusement, l’enrésinement des écosystèmes diverge des populations arborescentes naturelles du territoire où les essences à feuilles caduques dominent. Les berges du bassin versant sont peu artificialisées en raison du faible taux d’urbanisation. La présence d’un territoire dédié au ministère de la Défense Nationale a empêché le développement des berges du lac pour des raisons de sécurité. De plus, les nombreux aménagements pour la faune réalisés dans le secteur ont permis des gains en milieux humides et une diminution des impacts anthropiques sur les berges du lac Saint-Pierre. Justifiés par la fréquentation massive d’oiseaux aquatiques, ces aménagements favorisent une utilisation maximale des ressources par ces espèces, citons la Grande Oie des neiges et la Bernache du Canada. Leur croissante fréquentation des lieux depuis les années 70 a entraîné un tourisme axé sur l’observation de la nature. Une importante offre écotouristique s’est développée, liée aux opportunités d’observations offertes par les aménagements réalisés par des organismes tels que Canards Illimités Canada, SARCEL, la ZIP du lac Saint-Pierre et le Regroupement des sauvaginiers du lac Saint-Pierre. La chasse contrôlée est aussi populaire dans la région ainsi que la pêche et le piégeage. Ces aménagements, qui se concentrent dans la portion nord du bassin dans la zone inondable 0-100 ans, visent une amélioration des conditions d’alimentation des oiseaux aquatiques, mais également de l’habitat du poisson. Des espèces utilisent la plaine inondable de Baie-du-Febvre pour la fraie et l’alevinage, d’autres l’utilisent comme habitat périodique. Les aménagements réalisés améliorent ces fonctions. La richesse en habitat du secteur permet l’observation de nombreuses espèces dont la population a atteint un stade préoccupant. Cette préoccupation se traduit par une désignation de statut menacé, vulnérable ou susceptible d’être désigné vulnérable. Les perturbations physiques et anthropiques que subissent les écosystèmes du bassin de Baie-du-Febvre offrent l’opportunité à des espèces exotiques envahissantes de s’installer, menaçant ainsi la biodiversité mais surtout le fonctionnement des habitats. Le roseau commun, le butome à ombelle, le myriophylle à épi, le phalaris roseau, l’hydrocharide grenouillette et la salicaire pourpre sont les espèces qui ont su envahir certaines niches écologiques du secteur. Leur propagation inquiète et est surveillé par la ZIP du lac Saint-Pierre. La moule zébrée est maintenant dans le lac Saint-Pierre et l’apparition de son prédateur, le gobie à tâches noires, fait craindre une compétition avec les poissons indigènes dans le lac, mais également dans ses cours d’eau tributaires. Il va s’en dire que la forte présence agricole dans la région contribue à la dégradation de l’état des cours d’eau. L’érosion hydrique des berges sans bande riveraine mais également des sols mis à nu lors des cultures annuelles contribuent à la sédimentation des cours d’eau du secteur. Cette sédimentation a pour conséquence un besoin d’entretenir le lit des cours d’eau les rendant vulnérables à une érosion fluviale, c’est à-dire que le profil du cours d’eau tend à s’éroder pour former des sinuosités qui laissent naturellement place à des méandres en condition de pentes faibles. Ce cercle sans fin de causes à effet à également pour cause un questionnement sur la qualité de la ressource en eau. Il est fort probable que les apports aux champs se retrouvent dans les cours d’eau lorsque des conditions de fortes pluies et de sols à nu sont rencontrées. Ces substances, liées aux particules de sol, subissent elles aussi un lessivage, rejoignent les cours d’eau, se déposent dans le lit ou encore atteignent le lac Saint-Pierre. Une préoccupation pour la ressource en eau est également soulevée par l’exploration des gaz de shale dans la région des Basses terres du Saint-Laurent, notamment dans le secteur de Baie-du-Febvre. L’utilisation de l’eau pour le forage et la fracturation, mêlée à des substances chimiques, pose une pression plus forte sur les systèmes de traitement des eaux et sur la qualité générale de la ressource lorsque rejetée dans l’environnement. Le prélèvement de l’eau pour ce type de travail occasionne également un questionnement sur la disponibilité de la ressource en termes de quantité d’eau utilisée. Un processus d’actions intégrées se doit d’être élaboré, afin de résoudre les principales problématiques : Érosion des berges et des sols ainsi qu’une sédimentation majeure dans les cours d’eau ; Qualité de l’eau non déterminée, mais à forte probabilité de qualité médiocre en raison de l’occupation du territoire ; Risque de glissement de terrain ; Menace des espèces exotiques envahissantes ; Conflit d’usage. Une prise en charge de ces actions doit être décidée et réalisée par tous les intervenants du milieu dans un processus concerté et ce, afin d’améliorer les cours d’eau du bassin versant de Baie-du-Febvre.

Type de document: Documents régionaux
Type de documents régionaux: Document d’orientation
Nombre de pages: 72
Éditeur: Organisme de concertation pour l’eau des bassins versants de la rivière Nicolet (COPERNIC)
Statut du texte intégral: Public
Mots-clés libres: Bassin versant de Baie-du-Febvre, Agriculture, Qualité de l'eau, Érosion des berges, Habitat du poisson, Végétation, Espèces exotiques envahissantes
Sujets: 3. Végétation, milieux humides
4. Faune > 4.1. Invertébré
4. Faune > 4.2. Poisson
4. Faune > 4.4. Oiseaux
5. Aménagements > 5.4. Baie-du-Febvre
6. Milieu humain > 6.2. Agriculture
7. Usages > 7.2. Chasse
7. Usages > 7.5. Écotourisme
Date de dépôt: 01 oct. 2016 18:20
Dernière modification: 27 déc. 2016 16:37
URI: http://belsp.uqtr.ca/id/eprint/611

Actions (Identification requise)

Dernière vérification avant le dépôt Dernière vérification avant le dépôt
Coopérative de solidarité de la Réserve de la biosphère du Lac-Saint-Pierre
Concepteur de la BELSP : André Barabé, Ph. D.